Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience, analyser le trafic et personnaliser le contenu. En continuant, vous acceptez notre politique de cookies.
Écrit par Ulrich Carnoy
Ulrich Carnoy
Publié le
08 mars 2026
Zoom sur… les mezzanines.
Vous habitez un bel appartement bruxellois. Plafonds hauts. Beaux volumes. De la lumière partout.
Un jour, vous avez une idée.
Pourquoi ne pas installer une mezzanine ? Un espace supplémentaire en hauteur. Une chambre. Un bureau. Un coin cosy. Sans toucher aux murs. Sans modifier la structure. Juste exploiter le volume existant.
L’idée est séduisante. Vous appelez un menuisier. Le devis tombe. C’est raisonnable. Vous êtes prêt à vous lancer.
Mais attendez.
À Bruxelles, une mezzanine habitable n’est pas libre de toute règle. Loin de là.
Habitable ou pas habitable ?
Une mezzanine, c’est un plancher intermédiaire installé en hauteur dans une pièce. Vous créez deux niveaux là où il n’y en avait qu’un.
Mais tout dépend de ce que vous en faites.
Une mezzanine de rangement, c’est une chose. Une mezzanine où vous dormez, travaillez, vivez… c’en est une autre.
Dès que vous l’utilisez comme espace de vie, elle devient habitable. Et c’est là que les règles entrent (essentiellement) en jeu.
La règle du dessous.
Imaginez votre mezzanine installée. En dessous, vous avez toujours votre salon, votre cuisine, votre espace de vie.
Pouvez-vous vous tenir debout confortablement en dessous ?
La réponse doit être oui.
La hauteur libre sous la mezzanine doit atteindre au minimum 2,10 mètres.
Si votre plafond est à 2,50 mètres et que votre mezzanine en prend 50 centimètres… vous êtes hors normes. L’espace en dessous devient trop bas. Trop étouffant.
La règle du volume.
C’est la règle la plus technique. Celle que le menuisier ne vous expliquera probablement pas.
L’idée de départ est simple. Chaque mètre carré habitable — que ce soit en bas ou sur la mezzanine — doit disposer d’un volume d’air suffisant.
Regardez le croquis ci-dessous.
A, c’est la superficie de votre pièce au sol. B, c’est la superficie de la mezzanine.
La formule est la suivante :
Volume ≥ (superficie A + superficie B) x 2,50 m
Prenons un exemple concret.
Votre pièce fait 20 m² au sol (A). Vous souhaitez installer une mezzanine de 10 m² (B).
(20 + 10) x 2,50 = 75 m³.
C’est le volume minimum que doit avoir votre pièce.
Reste à vérifier si votre pièce atteint ce volume.
Si votre pièce de 20 m² est haute de 4 mètres : son volume est de 80 m³. C’est suffisant. Si elle n’est haute que de 3,50 mètres : son volume tombe à 70 m³. C’est insuffisant.
Dans ce cas, la mezzanine est trop grande. Il faudra la réduire.
Vous voulez en faire une chambre ? Il y a des règles en plus.
C’est souvent l’usage envisagé. Une chambre supplémentaire. Pratique. Gain de place.
Mais une chambre, ça ne s’improvise pas non plus.
La réglementation bruxelloise impose des surfaces minimales. Pour une chambre supplémentaire : au moins 9 m² de surface de plancher (pour la première chambre d’un logement : 14 m² minimum).
La hauteur sous plafond sur la mezzanine doit atteindre 2,50 mètres minimum.
Sauf si votre mezzanine se trouve sous le versant de la toiture, la hauteur minimale descend à 2,30 mètres sur au moins la moitié de la surface de plancher.
Et il y a encore une condition que l’on oublie souvent.
La lumière naturelle.
Toute pièce habitable doit être éclairée naturellement. La surface vitrée doit représenter au minimum 1/5 de la surface de plancher.
Si la surface éclairante est située dans le versant de la toiture (mezzanine sous combles), ce seuil descend à 1/12 de la superficie de plancher
Une mezzanine fermée, sans fenêtre, sans lumière du jour ? Elle ne peut pas être une chambre. Quelle que soit sa taille.
Et le permis d’urbanisme ?
C’est la question que tout le monde oublie de poser.
Installer une mezzanine, c’est créer un plancher. Ancrer ce plancher dans les murs. Modifier la structure du bâtiment. Ce sont des travaux de transformation de type structurel.
Un permis d’urbanisme est donc obligatoire. Sans exception.
Ce n’est pas une formalité optionnelle que l’on peut esquiver parce que les travaux se passent « à l’intérieur ». L’intérieur n’est pas une zone de non-droit.
Construire sans permis, c’est prendre un risque sérieux. Obligation de démolir. Amende. Blocage lors de la revente. Les conséquences peuvent être lourdes.
Avant de vous lancer.
La démarche est simple, à condition de la suivre dans l’ordre.
D’abord, vérifiez les dimensions. Hauteur sous plafond, surface de la pièce, surface envisagée pour la mezzanine. Le croquis plus haut vous y aidera.
Ensuite, consultez un architecte (spécialisé). Il vérifiera la faisabilité technique et introduira la demande de permis.
Enfin, attendez l’autorisation avant de commencer les travaux.
Une mezzanine bien conçue et bien autorisée, c’est un espace que vous habiterez sereinement. Et que vous revendrez sans mauvaise surprise.
Partager cet article
Ulrich Carnoy
Avocat en urbanisme
Actualités
